Jeudi Mai 23

symposium décembre 2007- écologie

Symposium du 08/12 à Paris 14ème sur la question touarègue

comité d’organisation pour la conférence internationale

Intervention de Thomas FORTUNE, coordinateur du comité

 

Ecologie humaine, économie et le nord Niger

 

Créationnistes et évolutionnistes s’entendent au moins sur un point : l’homme intervient en dernière position dans le processus de création/évolution après la terre et les animaux. Il a effectué la reconnaissance des espèces animales et végétales en les nommant et, par l’évolution et le développement de son activité, il a été amené à gérer de façon macroscopique le milieu naturel.

 

Selon les économistes Gaulier et Kousnetzoff, Le milieu naturel remplit 3 fonctions indispensables au maintien de la vie et des activités économiques :

Une fonction de réserve

Une fonction de décharge

Une fonction d’habitats dont certains sont indispensables à la survie (air, eau, couche d’ozone) et affectent la qualité de la vie humaine (beauté des paysages, silence, variété de la faune et de la flore, etc.)

 

Des contraintes environnementales apparaissent à partir du moment où la dégradation d’une de ces fonctions ne permet plus une progression à l’identique de l’activité économique : épuisement des matières premières, accumulation des déchets, nuisances insupportables, menaces sur la vie.

 

Les acteurs économiques ne découvrent la relation entre environnement et croissance qu’au fur et à mesure que les contraintes environnementales apparaissent. C’est seulement lorsque la rareté d’une ressource, la dégradation des fonctions de décharge ou de services d’habitat se traduisent par une perte pour le producteur ou le consommateur que l’on commence à y attacher un prix.

 

La prise de conscience du fait que les dégradations de l’environnement causées par la croissance d’aujourd’hui peuvent compromettre la croissance de demain s’est traduite par l’apparition de la notion de développement durable (DD).

DD : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre, pour les générations futures, la possibilité de répondre à leurs besoins (définition de la commission de l’ONU dite de Bruntland. 1987).

 

L’approche écologique du DD se distingue de l’approche économique de la manière suivante :

Dans l’approche écologique, il existe deux systèmes : un système économique et un système social, l’ensemble constituant l’environnement global. Le DD doit préserver la « santé » de cet environnement considérer de façon global face aux pressions qui s’exercent sur lui.

 

Dans l’approche économique, la nature est un capital. Le DD doit assurer au minimum le maintien de la richesse nationale tout en conservant (ou en remplaçant) les sources de cette richesse cad le capital.

 

Principes de substitualité entre capital naturel et capital produit dans l’approche économique :

-          l’homme pourrait à la limite se passer de la nature grâce au progrès technique. Il n’y aurait pas besoin de conserver le capital naturel. Il peut toujours être remplacé (réalité virtuelle).

-          Chacun des différents types de capital, y compris le capital lui même, doit être préservé car ils sont tous complémentaires et non commensurables.

 

Enfin une approche économique intermédiaire adoptée par l’UE consiste à rechercher la soutenabilité des systèmes économique, social, et environnemental ; autrement dit faire en sorte que les progrès réalisés dans l’un des domaines ne se fassent pas au détriment des deux autres.

 

Les différentes positions se rejoignent sur la nécessité d’intervention publique pour parvenir au développement durable.

 

Conclusion :

Au nord Niger, la société civile doit se réapproprier les terres (« nous avons les pieds sur nos terres »), retrouver leurs droits sur leurs terres, en avoir la gestion.

 

En effet, lorsque les droits de propriété n’existent pas, chacun a intérêt à se comporter en « passager clandestin », à surexploiter la ressource gratuite à son profit en négligeant l’impact de ses décisions sur des tiers ou sur la collectivité.

 

Or selon les principes directeurs de la politique de développement rural du Niger, l’ordonnance 92-030 du 08/07/92 devrait prendre en compte :

La préservation et la restauration du capital naturel

L’approche globale et pluridisciplinaire reposant sur le code rural

L’approche global et intégrée jusqu’au terroir,

Avec comme objectif la transformation des systèmes de production des éleveurs et des agriculteurs en vue de prendre en compte le respect des équilibres écologiques.

Après la convention internationale sur la désertification, le cadre institutionnel de cette approche est le CNED (conseil national de l’environnement pour un DD) représentée par des cellules régionales et sous régionales.

 

Où en est-on aujourd’hui? Nul part il n’est question de l’activité et du développement uranifère. Qu’en est-il du déséquilibre écologique découlant de cette activité et du sort des populations?

 

Bibliographie :

Economie mondiale 2007 (cepii)

Expérience du Niger en matière de lutte contre la désertification par Wata Issoufou Sama (DEPIR. 1997.